
![]() C’est le 07 novembre 1948, que j’ai fais dans les bras de mes parents et de mes parrain et marraine, ma première entrée dans l’église de BIZERTE. C’est également très jeune que j’ai été au catéchisme pour être préparé à la « Première communion ». On nous enseignait, l’histoire de Jésus et de ses Apôtres, les miracles, le massacre des Chrétiens dans les arènes, Carthage et son cirque, et je voulais remonter le temps pour aller les défendre et tuer tous ces méchants Romains. ![]() ![]() Ah qu’elle était belle, qu’elle était grande avec son clocher qui dominait la ville, ses cloches et son gros bourdon que l’on entendait de loin et qui tintaient pour annoncer la messe ou une fête religieuse. N’était-elle pas majestueuse ? ![]() Il n’y avait pas encore la télévision ou internet, et c’est dans la salle du patronna (que notre ami Michel RICHAUD à réussi à photographier l'interieur lors de l'un de ces voyages) que, avec mes nombreux camarades j’allais pour regarder, sur un drap qui formait écran, des diaporamas en noir et blanc de "Prince Vaillant", "Tintin", "Michel Vaillant" etc.….. Pour ceux qui étaient trop jeune et qui ne savaient pas encore lire, le curé faisait la lecture des sous-titrages et c’était de gros éclats de rire lorsqu’il faisait les différentes voix, surtout celle du Capitaine HADDOC. C’est le 19 mai 1960 que j’ai renouvelé les promesses de mon baptême par la Communion solennelle ou « Confession de foi ».C’était une cérémonie émouvante et pour la circonstance, ma mère m’avait confectionné l’aube portée sur un short, et le menuisier une belle croix de bois que j’ai toujours. N’ayant jamais connu mon parrain de baptême, c’est mon cousin SPINA, Guy de Ferryville qui me fit l’honneur de le remplacer. ![]() J’étais fier de faire cette procession illuminée par nos grands cierges, dont les flammes projetaient nos ombres contre les douze immenses piliers de granit gris soutenant la voute. Ce jour là, il a fait très chaud, et c'est à grand regret qu'il a fallu se déshabiller. Ce fut l’occasion de faire un bon repas en famille, de manger la traditionnelle pièce montée, pour les adultes de sabler le champagne et de procéder à une grande distribution de dragées aux voisins de confessions différentes de la notre, qui ne manquaient jamais de nous inviter lors de fêtes dans leurs foyers. ![]() ; ![]() C’est ainsi que j’ai eu l’honneur d’aller à un mariage Arabe, un baptême Juif, et c’était formidable. J’en garde une très bonne impression. Je pose ces photos dans mon texte dans l’espoir secret que cela rappellera de bons souvenirs à quelques uns d’entres nous et qu’ils se reconnaîtront. ![]() Je crois que c’est peu de temps aprés que le clocher de notre église fut démonté. Des ouvriers perchés sur le mur et armés de leviers descellaient les pierres avant de les faire basculer une à une dans le vide. C’était triste à regarder, à subir, à entendre. Du jardin public de la Place Madon où je me rendais souvent, je ressentais sous mes pieds la chute des blocs qui frappaient le sol en le faisant trembler. Je ne sais pas ce que sont devenues les cloches ou si il y avait des reliques à l’intérieur. Jusqu’en 1959, notre famille était nombreuse à Bizerte, et c’est tous ensemble que nous fêtions les fêtes de fin d’années. ![]() Ma tante Aurélie qui habitait pas loin de chez nous, avait le plus grand appartement, aussi, c’est souvent chez elle que les réveillons se faisaient, et il y avait beaucoup de monde. Cela se passait en se racontant des histoires souvent mystérieuses, (Voir Histoires vraies de l’Oncle Etienne) en jouant aux cartes et les mises étaient des amandes, des cacahouètes ou des dattes. Il me semble qu’il y avait un jeu qui s’appelait «la Scouba» et un autre le «mistigri». Personnellement je préférais regarder les joueurs et manger les fruits et gâteaux dans l’attente du passage du Père Noël à minuit. Chez nous, pour le repas du réveillon, mes parents avaient l'habitude de faire une dinde. Pour l'engraisser, nous lui donnions pendant notre déjeuner, du pain beurré. Il fallait la voir inspecter entre nos doigts à la recherche du beurre et refuser le pain sec. Une année, j’ai découvert par hasard mes cadeaux cachés dans un placard. Panique dans la maison. Comment m’expliquer leurs présence? Oh, ce fut très simple. Ma mère me raconta que le Père Noël avait beaucoup de travail et qu'il les avait déposé sur l'étagère pour aller plus vite le jour de la distribution. C'était logique et j'y ai cru. Je me souviens d'avoir reçu une panoplie de Cowboy que je portais fièrement le lendemain matin pour une guerre sans merci contre les indiens, mais je n'avais pas assez de force pour armer les pistolets et faire éclater les pétards. J'ai eu aussi un cheval à roulette avec une belle crinière blanche qui ressemblait à celui du marchand de lait, une trottinette en bois qui m'a été volée dans le champ, un harmonica avec lequel je jouais « Mon Beau Sapin » et « Petit Papa Noël », un tricycle en fer, un ours brun en peluche que j’ai ramené en France, mais qui n’a pas résisté aux assauts de mes deux filles et bien d'autres choses. Nous avions aussi droit aux Noëls de la Marine à la Pêcherie. Alors là, c'était l'apothéose. Il y avait un grand repas avec distribution de bonbons, l'apparition du Père Noël sur la scène sur laquelle avait été dressé un immense sapin dont l’extrémité garni d’une belle étoile lumineuse se perdait dans les cintres, avec à son pied plein de cadeaux, Je n'ai jamais compris comment il nous connaissait tous par notre nom et prénom, Il était vraiment fort, mais il est vrai que nous étions tous des enfants très sages. Cette année là, il m'avait même donné en deuxième cadeau, une grosse toupie qui sifflait et faisait des étincelles, mais je crois que mes parents l'ont donnée à un enfant de notre rue qui n'avait pas eu de cadeaux. Cette magnifique journée se terminait toujours par la projection d'un film, et c'est à cette époque que j'ai regardé «Le Passe Murailles» avec Monsieur BOURVILLE, que j'ai revu avec une certaine émotion de très nombreuses années plus tard à la télévision. ![]() RETOUR PRECEDENTE     SUIVANTE ...    
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