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Il me semble que c'est dans les années 1959 ou 1960 que la plage de BIZERTE fut entièrement remodelée par un apport massif de sable transporté dans des tombereaux tirés par des chevaux. Qu'elles me faisaient pitié ces bêtes, qui, sous les coups de cravaches des cochets avaient toutes les peines du monde à tirer sur quelques mètres leurs lourds fardeaux dont les roues s'enfonçaient dans le sable. Je pense que les propriétaires étaient rémunérés au voyage, car j'avais repéré des attelages qui faisaient avec régularité des rotations du matin au soir. La plage était aussi la base de départ de mes expéditions nautiques. Assis dans une chambre à air de voiture et ramant avec les mains et aidé par des battements de pieds je faisais le tour de la darse, mais sans jamais trop m'éloigner du rivage, et c'est ainsi que j'ai contourné le corps d'un énorme cétacé mort échoué sur la digue du port qui dégageait une odeur pestilentiel. Il y avait aussi les seiches et les soles qui se camouflaient dans le sable et que je piquais avec ma fouine, un vieux pécheur qui lançait d'une main experte son " épervier " sur des mulets après avoir éclairci l'eau par la pulvérisation de l'huile mise dans sa bouche, des femmes qui venaient laver la laine des moutons franchement tondus. Sur la gauche, vers le port, en bordure de la passe, il y avait une guinguette. L'été, pour passer une soirée agréable, nous y allons quelques fois avec mes parents et les gens dansaient aux rythmes de l'orchestre jusqu'à une heure avancée de la nuit. Ce n'est pas loin de ce lieu que j'ai trouvé ce que l'on m'a dit être des briques datant de l'époque romaine. Elles étaient en terre cuite et avaient la forme d'une bouteille sans goulot. Je les ai toutes cassées pour voir ce qu'il y avait dedans. Elles étaient toutes vides. PAS DE TRESOR. ![]() ![]() ![]() Je ne vais pas vous raconter son histoire, vous la connaissez de son origine à ce jour. Mais ce canal, qui ne la pas traversé en barque ou avec le bac ? Les grands la faisaient à la nage entre le passage de deux gros bateaux, mais nous les petits on y pratiquait la pêche à la ligne ou sous marine. C'est de là que l'on sortait des poulpes, des seiches, des congres, des murènes, et pour mon chat Grisou des goujons. La rascasse. Une fois, là juste à droite de la photo, j'ai harponné un poisson que je ne connaissais pas encore. Il était rouge et ressemblait aux rochers dans lesquels il se confondait. Vous l'avez compris, c'étais une rascasse et croyez moi, sa piqure fait mal. J'en ai depuis ce jour un douloureux souvenir. Le calamar. C'était un matin d'été à ZARZOUNA. Mon père péchait à pied avec son frère Etienne et lorsqu'ils attrapaient un poulpe ou une seiche ils l'envoyaient sur la berge. Ce jour là, c'est un calamar que mon père attrapa et m'envoya. Je le pris en toute confiance, mais la pauvre bête pour se défendre me mordit un doigt. La peur et la douleur firent que je le relançais à la mer. Les méduses : Ces bestioles ne nous faisaient pas peur. Eh je rigole. Lorsqu'il y en avait, eh bien nous évitions de nous mettre à l'eau. Par contre lors des entrainements ou des compétitions, il nous fallait passer au travers, et ce n'était pas facile. En cas de piqûre on se frottait avec du sable, mais la recette est connue de tous. C'est d'ailleurs au cours d'un entrainement que j'ai été piqué sur tout le dos. Les jambons : ![]() J'en étais devenu le spécialiste. Vous vous souvenez du ponton au S.N.B. ? Oui : celui qui est sur la photo. Eh bien, sur ma gauche, par 2 à 3 mètres d'eau, ils étaient là. Pour les pêcher, il fallait les prendre à deux mains, poser ses pieds de chaque côté, et par un mouvement de vat et vient et de rotation, les déraciner de la vase. La coquille recouverte de petits coquillages me coupait les doigts, mais cela en valait la peine. Chez moi, avec mon copain et ami Charly, on les ouvrait et parfois on trouvait dans les entrailles des perles rouge ou noir. Par contre, les tendons une fois bouillis avaient le goût et la saveur de la langouste. Les coquilles nettoyées par frottement de l'une contre l'autre étaient mises à sécher sur le renforcement de l'escalier de la cour intérieure qui menait aux logements du premier étage et à la terrasse. La chaleur était tellement forte qu'elles se cassaient et qu'elles sentaient très mauvais. Je pense que les locataires du premier, pour ne pas être incommodés devaient les jeter. ![]() C'était ce que nous appelions " La maison COHEN " Que n'ai-je pas fait dans cette rue, dans cette maison. C'est dans l'appartement du rez-de-chaussée à droite que je suis né et que j'ai grandi. Il était composé de trois pièces. Un salon-chambre à coucher donnant sur la rue où je dormais avec ma sœur Christiane, au centre la chambre de mes parents, et au fond, la cuisine donnant dans la cour intérieure. Les WC étant à l'extérieur, mon père par le savant montage d'un mur les transforma en WC intérieur, agrandissant de ce fait aussi la cuisine. L'appartement de gauche était occupé par notre voisin, Monsieur COHEN, Charles qui était un très bon pêcheur. Au premier étage, il y a eu : Monsieur et Madame LOPICCOLO qui tenaient un commerce au marché couvert, Madame VALORA qui vendait de l'alimentaire dans un petit magasin situé à gauche de l'entrée de l'immeuble. La terrasse faisait toute la surface de l'immeuble et on y accèdait par un double escalier en béton. Adossé contre le mur de l'immeuble voisin, la toiture de la buanderie qui nous permettait de monter sur la terrasse de celui-ci. Chaque locataire avait son petit local pour faire bouillir sa lessiveuse sur le " Primus ". Une partie de ses poissons étaient salés et séchés sur une corde tendue en travers de la terrasse commune. De temps en temps, pour ne pas dire souvent, j'en prenais et me régalais en cachette dans la buanderie. Il y avait également les œufs de mulets que sa fille Alice préparait et faisait sécher au soleil et croyez moi ils étaient aussi très bons. Je vous fais grâce des bonnes odeurs dégagées par les plats cuisinés dans la cour sur le " canoune " par sa femme. Rien que d'y penser, j'en ai l'eau à la bouche 45 ans après. Un jour, j'ai trouvé un long morceau d'une antenne radio, j'en avais fait une lance qui parvenait à se planter dans un grand morceau de liège après avoir transpercé une vieille cuvette en fer. A la tombée de la nuit, j'étais toujours sur la terrasse à la lancer. Soudain j'ai été surpris par un éclair et ressenti une forte douleur à l'œil droit. Ce n'est que dans la seconde suivante que j'ai compris que mon arme m'avait frappé le visage après avoir ricochée sur le métal de ma cible. Je ne saignais pas beaucoup, mais un gros hématome était visible autour de mon œil. Chose étrange, pendant le repas aucune question ne me fut posée et le lendemain je me dépêchais de faire disparaitre l'objet de ma blessure. Je n'ose pas vous parler d'une chose que je trouve maintenant dégoutante. Dans la cour, il y avait le regard d'un égout. Avec Charly, nous l'ouvrions et écrasions avec les mains les gros cafards ailés qui voulaient sortir mais ne me demandez pas de le refaire. Les WC de la famille COHEN étaient dans la cour sous l'escalier. Le dessus servait d'entrepôt pour le matériel de pêche. Il y avait aussi un pneu de voiture, et c'est là, sur des chiffons que les chats venaient mettre bas. Pour aller les voir ou les retirer, avec Charly, ont enjambaient la rampe, et ont avançaient dangereusement dans le vide sur l'extérieur de l'escalier. De l'un de ses chantiers, mon père ramena à la maison une couleuvre blessée par un coup de pelle donné par un ouvrier. J'étais très fier, mais pas très courageux de poser pour la postérité. ![]() ![]() Charles (Charly), ATTAL, petit fils de mon voisin Charles (Charlot), COHEN a été le compagnon de tous mes premiers jeux. Nous étions toujours ensemble sur nos tricycles ou nos trottinettes en bois. A ce sujet, une histoire mystérieuse. ![]() Nous étions dans le champ situé derrière les bâtiments militaires gardé par un grand noir au crane rasé qui nous faisait peur. Nous étions donc assis dans l'herbe avec nos engins déposés juste derrière nous, prêts à fuir à la moindre alerte. Au moment de partir, nous constatons la disparition de nos engins. Ou étaient elles passées ? Mystère que nous n'avons jamais éclairci. ![]() On jouait également avec mon garage " ESSO " qui possédait une rampe et un ascenseur pour l'accès au premier étage des véhicules, mais il nous fallait des voitures accidentées, alors, pour cela, on les lançait sur le mur d'en face : la " Maison VIVONNA " Un accident m'a beaucoup marqué, puisque j'en porte encore la trace. Mon tricycle n'avait plus de selle et pour pouvoir en faire, je posais mon pied droit sur l'axe arrière et me propulsais avec mon pied gauche. Je ne sais comment cela c'est passé, mais suite à une chute, le clou qui retenait la roue arrière s'est planté dans ma jambe et il était impossible de le retirer sur place. C'est avec l'aide de ce qu'il me semble être un infirmier et de ma mère qui portait le tricycle que j'ai été transporté jusqu'au dispensaire. Pour éviter d'autres accidents, mon père retira le guidon ce qui me permis de l'attacher au tricycle de Charly et d'en faire un convoi. Il y avait également dans mon quartier et que je me souvienne, Jean-Claude TERRANOVA le fils du coiffeur, Thierry CASTIGLIONE, Mimi le frère de Régine apprentie de ma mère, Les familles MARGUERITE, SBERO, CHARNAISE, ORLANDO, FIGUERRA, DITCHI, BIGENWAL, RAPHAEL, etc., étant bien entendu que chacun d'eux est lié à une histoire. MARGUERITTE : Michel avait mon âge. Son père lui avait acheté une carabine à air comprimée et un jour il tira sur un groupe de moineaux. Il n'eu aucun mal à en toucher un qui mourut en se débattant sur le trottoir. C'était le butin du groupe et le malheureux animal fut déplumé et donné à un chat affamé qui n'en fit qu'une bouchée. Un jour, sur le Boulevard de la Plage, il tira de très loin sur moi et me toucha à la poitrine sans conséquence, mais je senti très bien l'impacte du plomb. TERRANOVA : Philipe le père, était le coiffeur du quartier. Cette famille, de descendance italienne était croyante mais surtout très superstitieuse. Ils passèrent toute une journée à déménager de l'appartement qu'ils occupaient au dessus du salon de coiffure pour aller dans un appartement qui avait été témoin d'un fait surnaturel, et la nuit suivante pour ré emménager. Avec Jean-Claude, nous parlions souvent de " surnaturel " de " Loup Garou " et il avait même les photos prisent au cours d'une transformation par un photographe Italien. (En réalité, extraites d'un film) Il partait souvent en famille en Italie, et au retour, ce n'était que des histoires pleines de mystères qu'il nous racontait le soir sous le lampadaire dans le terrain vague face à sa maison. Un jour son père, suite à la teigne, rasa l'un d'entre nous. Ce fut une mode passagère, et de nombreux enfants en firent de même.(C'était gratuit) CHARNAISE : Peintre de métier, il venait parfois chez nous pour aider mon père à faire la propreté du logement. Son neveu Jean-Marie, plus âgé que moi faisait du judo. Me prenant comme cobaye il me fit tomber face contre terre sur une plaque d'égout. Je crois que j'en porte encore les traces. ORLENDO : Jean-Pierre était un ami de classe, de communion, parfois de jeux de rue, mais nous faisions surtout partie de la même équipe de natation avec tant d'autre comme ZERRA, Patrice, LAZARRO, Joseph , etc.(excuser moi il y en à trop)…. BIGENWAL : Cyril était le fils d'un militaire venu de France. Il habitait dans les Bâtiments de l'armée en bord de plage. Pour aller à l'école, il passait devant chez moi et c'est ainsi que nous avons fait la route ensemble pendant plusieurs années pour aller dans la même école et dans la même classe. CASTIGLIONE : Thierry habitait dans la Rue de TUNIS et avec Jean Claude nous allions ensemble au cinéma pour voir généralement des péplums ou des films d'horreur que nous mimions et mettions en action à la sortie. C'est ainsi que nous nous prenions parfois pour Tarzan, Hercule ou Dracula. Comme tous les enfants des autres quartiers, nous avions à peu prés les mêmes jeux. Il y avait - Le Cerceau : Il suffisait d'avoir une jante de bicyclette et de la guider avec un fer tordu en forme de " U " et de la pousser devant nous. - La carriole : C'était plus compliqué et cela faisait appel à la compétence des grands. Il fallait faire un plateau de bois monté sur roulements à billes et d'installer à l'avant un système de guidage. Un passager montait et un partenaire poussait l'ensemble de toutes ses forces car dans mon quartier il n'y avait aucune rue en pente. Des courses étaient organisées dans la Rues de TUNIS. - Le Quinet : De tous, c'était mon préféré car j'étais le plus fort. N'oublions pas que dans les rues il n'y avait pas de voiture. La règle du jeu était la suivante. Un morceau de manche à balai " A " était posé en équilibre sur deux pierres, après avoir servi, comme au tennis, à lancer le plus loin possible un morceau de bois rond " B "taillé en pointe à ces deux extrémités. Notre adversaire devait relancer à la main ce petit bout de bois " B " et essayer de faire tomber celui en équilibre. " A " En cas d'échec, avec " A " il fallait faire rebondir " B " en tapant sur la pointe, et le frapper pour l'envoyer le plus loin possible des deux pierres qui servaient de base. Les points étaient comptés en calculant le nombre de longueurs de " A " OUF : J'espère que vous avez compris la règle, sinon rendez vous à Bizerte Rue Paul MICHAUD pour explication sur le terrain. - Les patins à roulettes : - Les vélos : - Le tir à l'arc : J'avais remarqué en regardant un western, que les arcs des indiens étaient fait de bois souple. Seuls les cyprès qui formaient la haie du terrain militaire semblaient correspondre à ce critère, et c'est une nuit que j'ai en coupé un. Les flèches devaient être légères, fines, et pouvoir se planter. Les joncs qui poussaient à ZARZOUNA faisaient l'affaire, surtout en y attachant à une extrémité des plumes Sergent Major. - Les bagarres : Il y en avait souvent entre le quartier " Arabe " et le quartier " Européen ". Rendez vous était pris, sans haine, sur le lieu et l'heure par les provocateurs et ce n'était que des jets réciproque de pierres. J'étais assez adroit à ce jeu, et c'est au cours de l'un de ces affrontements que j'ai touché un adversaire à l'arcade sourcilière avec un morceau de brique. Bien entendu, sang sur la figure, fin du match, fessée par mon père, et interdiction de lancer des pierres. Il y en avait trois à Bizerte. Le MAJESTIQUE : Comme raconté quelque part, j'y allais avec Jean-Claude, Thierry ou les autres, pour regarder des films parfois en couleurs d'horreur ou de péplum, mais aussi avec l'école pour des projections de films en noir et blanc de Laurel et Hardy ou de Charlot. Le CASINO : Il était situé sur la place du marché et pouvait par le retrait de la toiture, se transformer en cinéma de plein air, ce qui était pratique surtout en été. Cette soirée là, vers les 21 h 00, il devait passer une compagnie Chinoise en spectacle. Ma mère me proposa de m'y emmener à la condition de faire mes devoirs et d'apprendre mes leçons du lendemain. Je crois avoir battu tous les records. En moins de temps qu'il faut pour l'écrire ou le dire, j'avais tous fait, et nous avons pu voir un magnifique spectacle de jonglage, d'équilibriste et de danse. LE PARIS : Il était trop loin de chez moi pour y aller, mais je me souviens que lors des événements il y avait à l'affiche " Les Paras Attaquent ". ... 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